Oran Acte VII : La seconde République, désormais à l’ordre du jour.

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A la septième marche d’Oran, les manifestants ont pris des plis. Les carrés se sont constitués en fonction des affinités politiques ou simplement d’appartenance à un lieu de résidence. Ce vendredi, des manifestants, apparemment d’obédience islamiste, n’ont pas raté l’occasion pour écorcher les «féministes».

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«Elles sont parmi nous. Ne tombons pas dans le piège qu’elles nous tendent. Surtout ne les toucher pas et ne leur répliquer pas» dira un «leader» d’un carré. De l’autre côté de la place du 1ER Novembre, des militants d’un parti de gauche, prenant le départ avant tout le monde, brandissent des pancartes où on peut lire «Non à l’Islam politique» et «Non à l’intégrisme islamiste».

Jusqu’ici, ces deux groupes doivent s’observer sans se frotter. Parce que le slogan scandé depuis le rassemblement du premier noyau des marcheurs le 22 Février dernier est toujours sur les bouches des marcheurs : «Silmya Silmya» (Pacifique, pacifique). Mais une fois la marche prend son envol, au milieu de la rue Larbi Ben M’Hidi, ces deux groupes sont totalement noyés dans la foule des «sans chapelles».

Là où la joie et l’ingéniosité sont de mise. La meilleure illustration de ce débordement des «tendances politiques» cherchant à investir dans ces marches, les pancartes, imprimées et distribués en quantité, portant des slogans qui prêtent à confusion, finissent par «s’éclipser» au profit à d’autres, confectionnés à la va vite, le plus souvent avec un morceau de carton et un marqueur.  

En dehors de ce fait, notons que les femmes, de plus en plus nombreuses, et de tout âge et des différents milieux sociaux, ont fini par conférer à ces entreprises un air vraiment rassurant. Et elles ne se contentent pas du rôle de simples figurantes. Elles partagent les premières places dans certains carrés et scandent des slogans qui coïncident avec leur conviction. Elles recourent aux youyous quand la foule est époumonée  ou à court d’idées pour les slogans.

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Ajoutons que pour la première fois, les revendications sociales ont fait leur apparition. «La politique indigente du gouvernement s’est traduite par une catastrophe sur la force de travail» lit-on sur une pancarte. Aussi, la première fois où l’effigie de Tewfiq, l’ex patron du DRS, associée à celle de Saïd Bouteflika a fait son apparition.

D’une manière générale, la septième marche d’Oran laisse transparaître une maturité politique du mouvement. «Pacifique, pacifique. Nos revendications sont légitimes. Notre marche est populaire» un slogan qui traduit cette prise de conscience des milliers de voix qui l’ont scandé. Cependant, la revendication de la Seconde République, formulée certes, mais demeure encore sans contenu concret.

La référence au badissisme et à l’esprit du 1er Novembre gêne énormément certains qui proposent d’autres formes de légitimité, dont la compétence et l’intégrité morale. En attendant, «une période transitoire, dirigée par une personnalité ou un comité de patriotes, sans les anciennes figures a aussi figuré parmi les revendications de vendredi dernier.

Comme à l’accoutumé, la touche d’humour n’a pas manqué à l’appel. «L’étoile de Bouteflika s’est éclipsé pour céder le champ à l’aurore de l’Algérie» lit-on sur une pancarte. Ou encore «Le peuple algérien est candidat au prix Nobel de la Paix».

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Signalons que le refus d’un pouvoir militaire a aussi été réclamé par les marcheurs. Quant à Gaid Salah, au moins une pancarte lui a suggéré de se retirer avec dignité, eu égard à son âge notamment.

Mais la pancarte la plus sympathique est celle de cette vieille dame, fière et digne qui a fait tout le parcours du Bd Front de mer. «J’implore Dieu pour que n’ayez pas la même vie que la notre». El hadja, à son insu, était une star de cette marche……   

Par ZIAD Salah.