Limogeages et remue-ménage à la Sonatrach: Opacité et silence …

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  • Par Samir Slama

Le limogeage du vice-président de la SONATRACH en charge du secteur Aval, monsieur Remini a été unanimement qualifié de “très brutal” par de nombreuses sources. «Jamais un cadre dirigeant n’a été limogé de cette façon» nous dira un cadre de l’entreprise. Cette manière de faire des pouvoirs publics, qui en général mettent au moins les formes, a choqué plus d’un et alimenté de nombreuses rumeurs à Oran et dans la zone industrielle d’Arzew. Pour les uns cela serait liée à son caractère que l’on dit impulsif, vulgaire et à la limite de l’agressivité.

Pour autant, ce motif est très improbable, monsieur Remini est un enfant de la boite, son caractère comme sa manière de faire sont connus avant qu’il n’atteigne ce niveau de responsabilité dans la hiérarchie de l’entreprise.

Pour d’autres, il s’agirait d’un contrat signé avec un major qui aurait «mal tourné» si l’on peut dire. Cela est tout aussi improbable, ce genre de déboires n’est pas nouveau à la SONATRACH et le limogeage d’un cadre dirigeant pour ce motif créerait un précédent dangereux que les dirigeants d’entreprises verraient d’un mauvais œil.

Un ancien cadre supérieur nous dira qu’il existe de nombreux fusibles  qui auraient du sauter avant d’arriver au vice président, s’il s’agissait d’un problème dans la gestion d’un contrat ou même d’un complexe. Or aucun fusible n’a sauté à la direction Aval.

Par contre le départ du vice président coïncide avec la décapitation de l’holding SOALKIM, filiale spécialisée dans la gestion des nombreuses entreprises pétrochimiques créées en partenariat.

Ce holding a vu le limogeage de son PDG et du président de son  conseil d’administration. On note aussi le départ du remplaçant de monsieur Rémini à la tête de la direction des Filiales et Participation(FIP), qui gère plus de 150 entreprises et filiales au niveau national et international.

L’autre coïncidence, pour le moins étrange est celle du limogeage “anticipé” du PDG de la SORFERT. Un expatrié de nationalité canadienne qui serait devenu indésirable et qui devrait quitter le pays d’ici le mois de mars prochain.

Enfin, on note aussi de nombreux départs et mutations de cadres supérieurs et dirigeants, notamment dans la direction audit et  la direction Stratégie, Planification et Economie. Ces limogeages et ces mutations en série ont, toutefois, un point commun en l’occurrence la SORFERT.

Cette entreprise est spécialisée dans la production et l’exportation d’ammoniaque sous forme liquide et d’urée sous forme solide.  Créé du temps de Chakib Khelil en partenariat avec ORASCOM Construction et Industrie (OCI), propriété du célèbre homme d’affaire égyptien Sawiris, SORFERT qui n’en finit pas de défrayer la chronique est  embourbée dans une affaire de transfert de 16 millions de dollars, affaire actuellement instruite au pôle judiciaire de Benzerdjeb. Cette société mixte n’avait pas besoin d’une nouvelle affaire et surtout de cette ampleur.

En parallèle à cette affaire de transfert de devises, la justice semble particulièrement intéressée par cinq contrats établis en 2013 et relatifs à la fourniture d’urée et d’ammoniaque à une filiale d’OCI installée à DUBAÏ, dénommée «OCI Fertilizer Trading Limited -Dubaï Branch

Ces contrats représentent un montant de quelques 35 millions de dollars et étaient ignorés avant que J.D.O (Voir le dossier Sorfet) ne les étalent sur la place publique.

Ces dossiers n’ont pas fait l’objet d’investigation de la part des limiers de la gendarmerie nationale et ne font donc pas partie du dossier instruit au niveau du pole judiciaire.

Ces contrats ont étés établis en 2013. Epoque ou monsieur Remini présidait la FIP, il pourrait donc être plus ou moins rendu pour responsable de cette affaire ou la SONATRACH a été grugé par son partenaire égyptien. Ce qui n’est pas une première en ce qui concerne ORASCOM.

En clair, les seules pertes financières qui font parties ne seraient pas un motif suffisant pour expliquer cette décapitation.  «De nombreuses pistes sont envisageables mais aucune ne peut aboutir au limogeage du vice président de la SONATRACH, à moins bien sur que l’Algérie, est du jour au lendemain sérieusement changée. » nous dira un fin connaisseur.

Des rumeurs déjà anciennes, ont fait état de la découverte par les services de sécurité «d’engrais» au fin fond du Sahara. Toutefois cette rumeur a été démentie par le bilan rendu public par l’A N P, qui a fait  état de la découverte d’une quinzaine de  15 kg d’urée sans pour cela indiquer son origine. Ce qui d’ailleurs serait assez difficile à établir vu que cet engrais à une  même matière première et une même origine.

Quand au transport de quantités importantes cela est quasiment impossible tant la surveillance des routes menant vers le sud du pays est  forte et aucun trafiquant ne s’y risquerait. D’ailleurs un contrôle très strict est assuré par la gendarmerie nationale quand à son déplacement et son utilisation chez les agriculteurs même.

Selon des bruits qui circuleraient dans les milieux de la pétrochimie, la «colère» des pouvoirs publics aurait pour origine la livraison de l’urée à un pays du Moyen-Orient, black listé par l’Algérie. Ce qui impliquerait non seulement l’entreprise qui a livrée la marchandise mais aussi un pays tiers qui entretient des relations avec ce pays black listé et aurait constitué la destination finale.  Cette affaire aurait été montée par un partenaire de la SONATRACH, qui, dit on, a manqué de vigilance.

Selon notre spécialiste “Il s’agit bien entendu ici d’une simple hypothèse, mais d’une hypothèse qui tient la route tant le mystère est opaque au point que même le ministre de l’énergie et le PDG de la SONATRACH ignorent la cause de ces limogeages.