«La dépossession» marque la résurgence de Boudjedra des années de gloire

dans Actualités/Arts & Culture

Agacé par certaines questions portant sur des personnes bien indiquées, Rachid Boudjedra demande à l’assistance de revenir aux problèmes de la littérature. Et d’annoncer «par exemple, je viens de signer avec la Scala de Milan pour tirer un opéra de mon livre Topographie idéale pour une agression caractérisée». Ce qui constitue pour lui une grosse consécration, d’autant que ce roman compte apparemment dans sa trajectoire littéraire. Rachid Boudjedra, hôte de la librairie Arts et Culture d’Oran pour la présentation de son roman «La Dépossession» et son pamphlet «Les contrebandiers de l’histoire», tenait à préciser que jamais un romancier arabe n’a eu l’honneur de voir une de ses œuvres portée à l’Opéra. «Et pas n’importe quelle Opéra» précisera-t-il.

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Crédit photo Aziz Mouats

L’abord de la question de son pamphlet, le second après celui «Le FIS de la haine» devait l’amener inéluctablement à parler de Kamel Daoud, Sensal et Salim Bachi. Mais sur le premier qu’il se focalisera parce qu’il a intenté un procès contre lui. Il soutiendra qu’un lobby français, soucieux de remettre sur selle Albert Camus, a confié la promotion de l’auteur de l”’Etranger à un algérien, en l’occurrence Kamel Daoud.

Se référant à une thèse d’une chercheuse marocaine, Kawter Harchi, il dira que “c’est l’échec de la caravane devant traverser toute l’Algérie pour marquer le centenaire de la naissance de Camus qui a amené ce lobby français à se tourner vers l’auteur de «Meursault, contre enquête»”.

Pour Boudjedra, Camus a été anti algérien jusqu’à la moelle. Dans ce sens, il invitera l’assistance à lire ses correspondances avec Jean Sénac où il rejette même le concept d’algérianité. Selon lui, «l’indépendance de l’Algérie» est un fantasme de Jean Sénac.

Concernant son nouveau roman, sorti en septembre dernier, chez Frantz Fanon, un nouvel éditeur installé à Tizi Ouzou, il donnera la trame qui l’a amené à le rédiger. Il s’agit d’un grand peintre français, resté méconnu parce que communiste, dont la femme cédera et ses biens et son patrimoine (une cinquantaine de grandes toiles) à l’Algérie dans les années 70.

Malheureusement, la plupart de ses toiles vont disparaître et l’atelier et la villa où Albert Marquet, grand ami de Matisse, vont être détournées par un bureaucrate.

En tout cas, Hadj Meliani, critique et grand lecteur, connu par ses exigences, ce roman renvoie à Boudjedra des années 70 et 80 du siècle dernier, avec ses chefs d’œuvres immortels comme «Mille ans de solitude» et «L’Escargot entêté»

A Oran, devant une assistance de différents âges, Boudjedra a presque séduit son auditoire. A part la “haine” qu’il voue à Kamel Daoud qu’il ne s’est pas empêché d’étaler. Parce que la veille, un jour avant sa venue à Oran, il devait passer devant un juge dans le cadre du procès que lui intente son cadet. Lui qui a cité Frantz Fanon «la haine de soi» mène inéluctablement à «la haine de l’autre».

Mme Dalila Hassaine Daouadji, poétesse, s’est chargée avec brio de la présentation de l’auteur avant la séance de vente dédicace. Ce qui n’est pas une mince affaire avec Boudjedra très chatouilleux sur certains détails se rapportant à son œuvre ou à sa personne.

  • Par ZIAD Salah