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ziad salah

La famille qu’on consolide et la famille qu’on fragilise.

dans Chroniques

Le constat n’est pas nouveau : l’entreprise familiale est la forme prédominante en Algérie. Abdelatif Benachenou, ex ministre des Finances et ex ministre de l’économie l’a affirmé dans une de ses conférences donnée dans un institut privé à Oran. Mais ce constat vient d’être confirmé ces jours ci où les oligarques ont des démêlés avec la Justice. Tahkout est mis sous mandat de dépôt pour raisons d’enrichissement illicites avec son fils et son frère. Les Kouninefs connaissent exactement le même sort. La Justice a passé au peigne fin les comptes des 19 entreprises que possède El Hamel, ex DGSN, sa femme et ses enfants.

D’ailleurs, lui et trois de ses enfants sont mis en détention provisoire à la maison d’arrêt d’El Harrach. Djamel Ould Abbès, très attendu à la Cour Suprême, a un fils en fuite, un autre qui a une affaire en cours et un petit fils qui a été présenté devant le tribunal d’Aïn Temouchent et écroué.

L’ex premier ministre Ahmed Ouyahia, lui aussi en détention provisoire à El Harrach, a été interrogé sur les affaires que gère son fils, incarcéré par la suite. Sellal, ex premier ministre n’est pas du reste. Selon certaines informations, une partie des terres agricoles qu’il s’est attribuées, sont au nom de son fils et de sa fille. On peut multiplier les exemples sans être exhaustif. Il suffit de rappeler que Bouteflika a régné sur l’Algérie vingt ans durant en associant sa fratrie, notamment son frère cadet et sa sœur nommée par décret non publiable. Les hauts gradés de l’armée se sont servis et ont associé leur progéniture à la prédation et au passe droit.

Fidèle à l’esprit de la Camorra, la famille, chez ceux qui ont tenu le pays en otage durant au moins une décade, est sacrée. On y tient et on transgresse les lois dont en est sensé protéger pour assurer le meilleur avenir à leur progéniture et aux leurs. L’avenir ne passe pas par les formations pointues dans les grandes universités, indicateur parlant sur ceux qui ont géré les affaires du pays. A notre connaissance, nous n’avons jamais entendu parler d’un enfant de la nomenklatura qui a soutenu une brillante thèse de Doctorat dans une université réputée.

De l’autre côté de la barrière, la famille a subit des pressions innombrables pour son démembrement. Processus entamé durant la période du terrorisme où des frères, pour des raisons idéologiques et religieuses, se sont retrouvés face à face. Ce processus sera aggravé durant le règne de Bouteflika sous couvert d’accession à la rente ou plus exactement à la prédation.

A. Benachnou a remarqué dans la même conférence citée, la parcellisation des terres agricoles à cause des partages dus aux histoires d’héritage. Ce qui s’est traduit par l’augmentation des petites exploitations assurant l’auto-subsistance dans les meilleurs des cas. Le nombre des parricides qui a explosé ses dernières années est un autre indice de l’éclatement des liens familiaux. Un sujet qui a permis à Ennahar TV de bâtir une base d’audience. Les divorces, pour multiples raisons, notamment de l’impossibilité de cohabitation entre la bru et la belle mère, connaissent eux aussi une croissance exponentielle.

Ainsi donc, sous le règne de Bouteflika, venu pour se venger de l’Algérie et de son peuple selon des dires de plus en plus confirmées, la famille a subi un mouvement opposé. D’une part, les nantis, caressant des rêves de grandeur, ont tout fait pour élargir la base matérielle de leur famille. Tandis qu’un faisceau de facteurs ont exercé des pressions sur la famille ordinaire pour provoquer son démembrement.

Mais avec l’avènement de la révolution citoyenne du 22 février, nous assistons à la famille qu’on décapite. Le dernier exemple est celui de la famille d’El Hamel, pressenti pour la magistrature suprême avant sa chute. Il se retrouve lui, ses deux enfants et une de ses filles dans les cellules de prison. Un acte de violence inouïe. Et cet exemple n’est pas isolé…….

  • Par Ziad Salah.

Ouyahia en prison : Le ratage monumental d’un homme et de…son destin

dans Actualités

Interrogé sur ses prétentions présidentielles, lui qui s’est un moment donné l’étoffe d’un chef d’Etat, Ouyahia a répondu que la magistrature suprême est «la rencontre d’un homme avec son destin». Celui qui peut prétendre avoir toute sa carrière dans les rouages de l’Etat, du troisième jusqu’au premier cercle de la décision, termine sa trajectoire en prison. C’est vraiment triste, indépendamment du personnage bien entendu. C’est un peu l’illustration de l’échec de la génération post-indépendance.

Ahmed Ouyahia, notamment lors des deux derniers mandats de Bouteflika, a développé un double visage : arrogant, quand il était en face de la presse et des cadres subalternes de l’Administration publique, avec une propension très prononcée de donneur de leçons. Et servile en face de Bouteflika, son frère et son clan.

Parce qu’il n’a jamais gagné totalement la confiance des Boutef, suspicieux par nature, Ouyahia a encaissé des coups sans compter, au point où on s’est interrogé sur ses restes de dignité.

Juste pour simple rappel, l’annulation du fameux PPP (Partenariat Public Privé), qu’il avait initié quelques heures après son annonce. Alors qu’il venait juste d’être rappelé à la rescousse pour le poste de Premier ministre après le dégommage de Tebboune par Saïd Bouteflika.

A voir clair, c’est sa servilité qui peut justifier son sort peu enviable. Enfant du système, il n’a jamais songé à prendre son destin en main et se lancer dans une aventure politique en dehors des sentiers battus.

A l’opposé de Ali Benflis qui s’est détaché de Bouteflika au bout d’un mandat. Ouyahia espérait être adoubé par l’armée, fabrique des chefs d’Etat. Entre temps, il avait perdu le contrôle au sein de son propre parti. Il a été démis une fois de son poste de S.G avant d’être reconduit sur ordre de Boutef. Ce qui a aggravé sa dépendance vis-à-vis d’un mégalo cynique retournant toujours les situations à son avantage personnel.

Selon plusieurs analystes, Ahmed Ouyahia s’est brûlé définitivement l’été 2017 où il fallait remettre le tablier et se consacrer à son avenir politique de présidentiable. Mais enfant du système, dont l’obéissance et la servilité est une seconde nature chez lui, Ouyahia ne pouvait pas franchir le pas. Et son entourage, de la même patte que lui, ne pouvait pas lui conseiller une telle perspective. En manque d’initiative, il s’est confiné dans une position attentiste, espérant que le consensus entre la Présidence et l’ANP portera sur sa personne.

L’homme qui doit disposer de temps dans sa “nouvelle résidence” pour revoir et analyser sa trajectoire, surtout son échec, ne bénéficie à nos yeux d’aucune circonstance atténuante. Pour éviter tout quiproquo.

Cependant, nous répétons qu’il est l’illustration de toute une génération. D’autre part, Ouyahia est poursuivi pour des faits de corruption. Eu égard au massacre de l’économie algérienne, depuis les années 90 du siècle dernier, il doit répondre du crime d’atteinte à la sécurité nationale. Lui qui a détruit des infrastructures économiques, dont certaines étaient performantes, et a ordonné l’incarcération de centaines de cadres, dont certains de très haut niveau de compétence.

Par Ziad Salah

Tentative de casser le Hirak à Oran: Les Oranais protègent en masse leur Forum.

dans Actualités

Le Forum «Gaada Politique Place d’Armes» initié par un couple d’avocats, un universitaire et d’autres militants associatifs, ne quittera le lieu où il a élu domicile depuis le début du Hirak. La tentative des autorités locales oranaises de déloger ce Forum, qui permet aux citoyens de se retrouver et d’échanger sur la situation politique qui prévaut au pays, a échoué. Les artisans à qui on a implanté une série de tentes pour exposer leurs produits ne se sont pas présentés dans la soirée du Mercredi à jeudi. Mieux, certaines tentes ont été démantelées.

Le président de la Chambre des Artisans de la wilaya s’est lui même présenté sur les lieux et a eu des discussions avec des animateurs et des habitués de ce Forum. Il se serait engagé de demander aux artisans de renoncer à participer à l’exposition, présentée comme une manœuvre pour porter atteinte à la dynamique du «Hirak».

Il semblerait que bon nombre d’artisans, qui doivent participer aux marches hebdomadaires du vendredi, ont décidé dès le départ de ne pas s’inscrire dans une manœuvre hostile au mouvement citoyen. Les réseaux sociaux ont encore une fois joué un rôle dans la mobilisation des citoyens autour d’une question, vite élue au rang de tentative à la liberté d’expression collective.

Ce Mercredi soir en tout cas, le Forum a connu une affluence remarquable. Des militants de certaines organisations et associations (la LADDH et FARD entre autres) se sont déplacés sur les lieux pour manifester leur soutien au Forum. Commentant le flop des autorités locales, un citoyen dira que «finalement, le meilleur allié du Hirak c’est le manque de discernement des autorités locales».

Selon certains dires recueillis sur place, c’est le Directeur du Tourisme, tutelle de la Chambre de l’Artisanat, qui, sur «suggestion» du wali qui a initié l’idée de l’exposition des artisans dans cet endroit précis de la ville.

Mais les animateurs et les habitués du Forum, content de ce qu’ils assimilent à une victoire du mouvement citoyen, sont persuadés que l’engagement, même non déclaré des artisans, a été déterminant. En plus de la mobilisation citoyenne.

Par ZIAD Salah.

Les oligarques rattrapés par la Justice : Le dramatique héritage de Bouteflika

dans Actualités

L’information de l’interpellation des Kouninef, les plus proches du monarque déchu Saïd Bouteflika, a été reçu comme un séisme juridico-politique. Beaucoup n’ont pas réussi à dissimuler leur soulagement, voire leur satisfaction, de voir des intouchables, il y a à peine quelques semaines traduits devant une autorité pour répondre à des questions. Des «puissants que les ministres et même les officiers supérieurs faisaient des pieds et des mains pour pouvoir les approcher.

Dans le cas des Kouninef et Haddad, il est surhumain de ne pas céder au sentiment de revanche tant ces personnages ont alimenté la chronique de la prédation et passe-droit. Mais au-delà, notamment des personnages qui ne méritent pas qu’on s’y intéresse dans d’autres circonstances, la traduction de «Ces gens là» (de J. Brel) devant la justice, ce qui s’apparente pour eux à l’ultime humiliation, a quelque chose de dramatique.

Elle nous rappelle l’incapacité de notre pays de se doter d’une classe, ou juste une caste, d’entrepreneurs, avides de réussite et armés de motivation et de détermination. Des capitaines d’industrie, même bénéficiant de toutes les largesses de l’Etat, décidés de bâtir une économie performante, courant tous les risques, y compris celui de concurrencer les étrangers, pour s’accaparer des parts du marché intérieur et pourquoi pas régional.

Au contraire, l’ère de Bouteflika, avec toutes les recettes engendrées par l’envolée des prix des hydrocarbures n’a fait qu’encourager les rapaces, les prédateurs et les incompétents. Haddad, a maintenant tout le temps de cogiter sur le développement de son groupe à l’international et notamment son déploiement au niveau du continent africain.

Lui qui a saboté une rencontre du conglomérat  «d’hommes d’affaires» qu’il dirigeait avec des partenaires africains en ridiculisant publiquement l’ex ministre des Affaires Etrangères du pays hôte. Tant sa proximité avec Saïd Bouteflika lui offrait l’impunité et la transgression même des règles protocolaires élémentaires.

Feu Houari Boumediene, au nom du socialisme spécifique, a ouvertement empêché l’émergence d’une classe d’entrepreneurs. Le terme de «bourgeoisie compradore» était souvent galvaudé dans sa bouche. Il a sacrifié une accumulation des premières expériences entrepreneuriat initiées par certains hommes d’affaires au prix de luttes et de sacrifices.

Bouteflika, qui s’est déclaré ouvertement libéral, pour preuve sa participation au Forum de Crans Montana dès son intronisation, exactement au moment ou le mouvement altermondialiste manifesta sa naissance, a encouragé l’émergence de l’incompétence au détriment de la probité morale et la volonté d’aller de l’avant. Son ego, lui qui «incarnait l’Algérie» (selon une de ses célèbres déclarations) ne lui permettait d’admettre l’existence d’hommes ou de femmes audacieux engagés dans des aventures d’innovation.

Les Algériens se rappellent encore de la réflexion adressée à une jeune dame qui s’est lancé dans l’industrie du chocolat lors d’une inauguration de la Foire internationale d’Alger. Au lieu de l’encourager, il l’a presque accusé de vouloir «concurrencer les Suisses».

Bouteflika, pour des objectifs clairs dans sa tête oserions nous dire, a opté pour la médiocrité. C’est lui l’initiateur et le fondateur de la médiocratie qui ne pouvait exceller que dans la prédation. Au mieux, elle a acquis des biens immobiliers à l’étranger pour assouvir ses frustrations ataviques.

En fait, les Kouninef, Haddad et consorts sont aussi les victimes d’un monarque sans gloire et sans épaisseur. Au même titre que les centaines de jeunes qui ont péri en pleine mer…..dans leur tentative d’atteindre des horizons plus cléments.

Par Ziad Salah.

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