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Réouverture des Arènes d’Oran : Un nouveau souffle à défaut d’une nouvelle vie

dans Actualités/Culture

Hirak oblige et une fois n’est pas coutume, ce n’est pas les officiels  qui se sont chargé de l’inauguration de la réouverture des Arènes de la ville d’Oran après une énième restauration. Ainsi, pas moins de 300 personnes ont  donc répondu présents à l’invitation de l’association  Bel-Horizon et de l’établissement public de gestion du parc  d’attraction et des loisirs de la  wilaya d’Oran, nouvellement désigné, pour assurer la gestion de ce joyau patrimonial.  Seule et dernière Arènes d’Afrique du Nord après la destruction de ceux de Casablanca au Maroc en 1971.

Les Arènes d’Oran sont peut être à deux doigts de connaître le même sort. Cela serait pour le moins  dommageable pour une ville  dont on ne cesse de remémorer le passé espagnol tout en  poursuivant, comme si de rien n’était, la  destruction massive du patrimoine espagnol ou de culture espagnole.

Il faut toutefois mettre au crédit des pouvoirs publics locaux l’initiative de cette «restauration»  très partielle du monument après la débandade du secteur de la culture. Le programme proposé à cette occasion par l’association Bel-Horizon et l’Office de gestion du parc d’attraction et de loisirs, comporte l’exposition d’une maquette intitulée “Oran, une ville de fortifications” réalisé par les  bénévoles de l’association et le représentant de l’Oran médiéval. Un film d’animation pour enfants et adultes sur la tauromachie non violente intitulé “Ferdinand” du nom du taureau de combat baba cool, pacifique et aimant les fleurs.

Enfin  une visite explicative et historique sur les Arènes avec quelques éclaircissements sur les problématiques dont souffre le bâtiment. A cet effet, il est programmé une visite guidée en juillet prochain qui sera réservée prioritairement aux architectes en vue d’étudier ou tout au moins de discuter des «souffrances» du monument.

D’autres activités à caractère culturel sont d’ores et déjà programmées, entre autres la rencontre à la fin du mois en cours avec l’écrivain Wassini Laraadj qui vient d’écrire un roman dont le personnage principal est le dernier matador qu’a connu les Arènes d’Oran.

La restauration, qui a permis la réouverture des Arènes a porté essentiellement sur le confortement des piliers qui soutiennent les gradins et qui furent sérieusement endommagés par l’injection de 1200 tonnes de béton sur des voûtains de briques, lors d’une opération de restauration entreprise qui durera de 2009 à 2012 et aboutira à leur fermeture pour ne pas dire à leur… condamnation.

L’opération d’aujourd’hui qui a duré 5 mois, de septembre 2018 à janvier 2019 est quelque peu réconfortante pour  les amoureux du patrimoine qui espèrent une possible remise en ordre de l’emblématique bâtiment.

Aujourd’hui, et à l’occasion de leur réouverture, les experts ont autorisé, et du bout des lèvres, l’utilisation d’à peine le tiers de la capacité des Arènes.  Soit à peine 3000 places sur les 10 000 initiales.

Quel devenir pour les Arènes d’Oran?

La question n’a pas encore trouvée de réponse notamment auprès des nouveaux gestionnaires du site qui semble-t-il,  sont à la recherche d’idées nouvelles pour une exploitation rentable, en rapport avec leur raison d’être, en l’occurrence l’attraction foraine et le loisir. Mais aussi, en rapport avec les caractéristiques techniques du bâtiment. Ce qui n’est pas aussi  évident que cela, vu l’état de la structure.

Cela est d’autant plus problématique que la question de l’utilisation des Arènes à leur pleine capacité, risque de traîner encore longtemps eu égard au peu d’intérêt que l’on porte au patrimoine oranais. Dans tout les cas l’association Bel-Horizon, compte bien faire des Arènes une &tape incontournable dans les circuits touristiques qu’elle propose .

Samir Slama.

Oran Acte VI : Le Hirak face aux ambitions des politiques

dans Actualités

Par ZIAD Salah

Place du 1er Novembre, point de départ et de retour des manifestants à Oran, a changé de main plus d’une fois durant ce vendredi 29 Mars, jour du sixième acte du Hirak visant «le changement du système» et « le passage à la seconde République ». Bien avant la fin de la prière du vendredi, une foule nombreuse a investi les lieux. Au moins trois groupes se sont constitués et ont essayé de s’entendre sur les slogans à promouvoir.

Crédit photo Karim Tabouche

Des discours politiques, ou prétendus tel, ont été débités par certains activistes qui ne cachent plus leur ambition d’émerger en tant que leader d’opinion durant ces marches.

En tout cas, le débat, les interrogations, voire même la suspicion, se sont glissés au sein d’une partie de la foule, notamment une fraction politisée. Dans ce sens, signalons que des pancartes, avec l’inscription en arabe «l’armée et le Peuple, main dans la main» ont été disposées en quantité suffisante et à la portée des mains.

D’ailleurs ceux qui avaient, la veille et l’avant veillé, tenté de dissuader le public sur les réseaux sociaux d’épargner Gaïd Salah le Chef d’état major et l’ANP doivent se réjouir. En effet, le slogan «Bouteflika t’es partant, autant prends avec toi Gaid Salah et Bensalah» n’a été scandé que par un petit cercle très réduit.

A l’inverse de la grande majorité qui marche avec l’idée de participer à faire déloger un système politique vieux de soixante ans, certains groupes, dont un inféodé à un parti politique, commencent à afficher des prétentions de récupération de ce mouvement populaire.

Les islamistes, toutes tendances confondues, commencent à se départir de la discrétion dont ils ont fait preuve jusqu’ici. Ils se heurtent au moins à deux oppositions. La première est celle des jeunes, jamais encadrés y compris par l’école, rompus à une culture des stades d’essence festive et surtout collective et profitant de l’opportunité pour étaler leur savoir faire en matière d’animation, avec leur propre code.

La seconde est celle d’une fraction de citadins, marchant en couples ou en familles, décidée de faire entendre sa voix et surtout de se rendre visible sur l’espace public.

Lors de la marche de ce sixième vendredi, les islamistes, à force de vouloir marcher en carré seuls, ont presque cassé l’unité du mouvement. Ce qui a donné de grands espaces de libres, au niveau de la rue Larbi Ben Mhidi, devenue un lieu de passage traditionnel des manifestants, entre les différents groupes.

A noter que le slogan «ya serrakine, khlitou leblad» (Voleurs, vous avez pillé le pays» demeure le plus usité. A ajouter que le carré des jeunes, venus des quartiers populaires, demeure le plus joyeux et surtout le plus tolérant. L’apparition et la multiplication de l’emblème amazigh, a rapidement été intégrée et admise comme constituant du cadre de déploiement de cette entreprise. La proximité entre jeunes femmes et jeunes hommes est vécue et perçue d’une manière très apaisée.

Vers la fin de l’après midi, après le périple de la rue Larbi Ben Mhidi jusqu’au Lycée Lotfi pour emprunter le boulevard de Front de mer, la Place du 1er Novembre a été prise d’assaut par des jeunes, dont une bonne proportion sont encore adolescents.

Munis d’instruments de musique, ils se sont donné à cœur joie, alternant chants de stades et slogans politiques. Cette présence juvénile ne dérange aucunement les familles qui se réjouissent du spectacle quand elles n’y participent pas. En tout cas, cette jeunesse, porteuse d’un immense potentiel de vie, ne se laissera pas voler sa révolution. Elle n’acceptera pas le remake de l’expérience égyptienne.

Notons que le jardin constituant le prolongement de la Place du 1er Novembre, des expériences de forum de débats, à l’air libre, ont eu lieu. Une expérience à suivre de près puisque augurant d’une nouvelle ère où des inconnus peuvent discuter des problèmes de la Cité en se regardant les yeux dans les yeux. L’Agora de la Grèce antique en quelque sorte……Ou Tadjmaat de notre Kabylie éternelle.           

Une randonnée pour préserver le patrimoine.

dans Actualités/Culture

Attendue depuis une quinzaine de jours, la randonnée voulue par le wali d’Oran sur le modèle de celle de l’association Bel–horizon a bien finie par avoir lieu ce samedi 21 juillet2018. L’événement n’est pas anodin,car monsieur Cherifi, actuel wali d’Oran a réussi à mobiliser, en un clin d’œil l’ensemble des élus locaux et nationaux de la wilaya autour du patrimoine oranais. La mobilisation a même touché une frange de la société civile et une classe politique qui a toujours montré une certaine désapprobation vis-à-vis de la randonnée du 1er mai.

C’est là un fait que Bel–Horizon marque d’une pierre blanche. Désormais, les élus, qui ont longtemps fermé les yeux sur l’état du patrimoine oranais, ne pourront plus jamais dire nous ignorons cela. Pour les jeunes de l’association, monsieur Cherifi force l’admiration, parce que de tous les walis qui l’ont précédé et promis de faire un bout de chemin lors de la randonnée annuelle du 1er mai, il est le premier à avoir fait le pas et payé de sa personne sur les pentes abruptes du Murdjajo .«M. Cherifi et les officiels qui l’ont accompagné ont cassé un tabou tenace et mis fin à une manipulation éhonté et hypocrite de certains cercles», nous dira un membre fondateur de l’association et grand militant du patrimoine.

Prévue à partir de 9 heures du matin, pour éviter un tant soit peu, le pic de chaleur de la mi-journée, le départ effectif prendra finalement une bonne heure de retard.  Le retard sera d’autant plus important que le wali devait visiter une espèce de kermesse qui n’avait vraiment pas besoin d’être là ou du moins qui pouvait être organisée à un tout autre moment.

Il faut dire que dès 8 heures du matin, un impressionnant service de sécurité s’était déployé sur et autour des lieux. Pas moins d’une vingtaine de véhicules des services de sécurité, tous corps confondus, auxquels se sont joints les services de secours et l’omniprésente logistique municipale, avec ses balayeurs et autres hommes de mains.

Le Wali d’Oran accompagné par le président de l’association Bel-Horizon, Metair Kouider et le 1er responsable de L’Ogebc, Massinissa Ourabah.

Un joli brouhaha a régné sur la plus ancienne place publique de la ville avant que le cortège, guidé par le premier responsable de l’Office de Gestion des Biens Culturels de la wilaya d’Oran, Massinissa Ourabah, ne s’ébranle vers le cœur du quartier historique.Empruntant un circuit un peu alambiqué, laissant de côté la très symbolique Porte de Canastel et la Rampe de Madrid. Il faut aussi dire qu’il s’agit d’une aubaine qui risque de ne pas se renouveler et les organisateurs du circuit ont choisi de mettre les bouchées doubles en montrant un maximum de choses aux responsables de la wilaya d’Oran.

Le cas de l’église Saint Louis fait l’objet d’un grand intérêt de la part des pouvoir publics. Toutefois sa restauration est très problématique suite aux nouvelles données établies il y a un mois environ par des experts, avec une nouvelle technique sophistiquée et ce grâce à la sollicitude de Bel–horizon.

Selon le président de l’association, «il s’agit là d’une première au niveau local et les conclusions de cette étude seront présentées publiquement et incessamment par les jeunes architectes de l’association, puis mises à la disposition des pouvoirs publics.»

Il est pour le moins étrange que le premier département concerné par ce patrimoine, en l’occurrence la Direction de la culture de la wilaya d’Oran soit totalement absente durant cet événement très particulier.

Il faut dire aussi que cela n’a rien d’étrange, car il y a bien longtemps que ses services se consacrent essentiellement et prioritairement à l’événementiel algérois d’Oran.

La ballade patrimoniale du wali se fera durant la première partie de la randonnée à travers les rues du quartier avant de rejoindre la route de Bab El Hamra.

Des rues et des routes vidées de la circulation automobile. C’est là une très ancienne revendication de Bel-Horizon qui a toujours espéré faire du 1er mai une journée sans voitures. Malgré les nombreuses promesses des précédents walis et jusqu’aux ministres, elle n’a jamais abouti.

Il faut dire qu’à l’exception du wali, la plupart des officiels sont venus avec des souliers de ville, ce qui n ‘était pas très pratique pour les sentiers rocailleux du Murdjajo.

C’est justement à partir de Bab el Hamra que les choses sérieuses commencent avec le “Sentier de Chèvres” qu’il fallait emprunter pour rejoindre le Fort Saint Grégoire. Ce fort a été ravagé durant la période coloniale, suite à l’explosion de sa poudrière et n’a jamais été reconstruit.

Ce n’est donc pas vraiment un monument historique mais un magnifique site, où l’on peut admirer les paysages grandioses des baies de Mers-el Kebir et d’Oran ainsi que le majestueux Murdjajo.

La visite du Saint Grégoire constitue donc la première escale du paysage culturel et naturel que constitue le Murdjajo récipiendaire du prix Elena Mercouri décerné par l’UNESCO en 2001.

La pause au lieu dit “Le Fer à Cheval”.

Il faut dire qu’emprunter les sentiers rocailleux et très escarpés pour escalader le Murdjajo alors que la température ressentie se situait au-dessus de 30° n’est pas une sinécure et nécessite une sacrée dose de courage.

La traversée du cœur de ce massif forestier s’est faite en l’absence de la Conservation des forêts. Ce qui a permis aux responsables “d’apprécier” l’état des lieux et notamment la présence de décharges sauvages et des tonnes de détritus éparpillées sur les pentes boisées des ravines.

C’est donc fourbus mais fiers et apparemment heureux d’avoir surmonter l’épreuve que les premiers responsables de la wilaya d’Oran sont arrivés à la station du Fer à cheval. Assis à même le sol, sous l’ombre d’un magnifique pin séculaire, ils prendront le temps de retrouver leur souffle et de faire quelques déclarations.

Le P/APW, qui malgré le poids de l’âge et les séquelles de la maladie, a fait courageusement tout le parcours en première ligne. Il dira avec une grande sincérité et un brin de culpabilité «découvrir tout cela pour la première fois».

Il est vrai qu’à Bel horizon, on sait depuis longtemps que “l’on ne naît pas oranais mais qu’on le devient” juste par amour pour cette ville qui a tant à donner. Lors de cette pose non protocolaire le wali  dira que «la sauvegarde du patrimoine est l’affaire de tous les pouvoirs locaux, la société civile et les représentants locaux dans les deux chambres nationales».

Il est vrai  qu’aujourd’hui c’est aux députés et aux sénateurs oranais, toutes tendances confondues, de faire du lobbying pour débloquer la situation et plus particulièrement la modique somme demandée par le bureau d’étude  pour relancer le plan de sauvegarde du périmètre sauvegardé. Qui, faut-il le rappeler, est bloqué au niveau du ministère de la Culture sans aucune raison sinon celle des puissances influentes qui veulent faire d’Oran une ville sans histoire.

Un blocage qui pénalise le développement d’une bonne partie de la ville, écorche son image et envenime inutilement les rapports entre l’administration et la société civile oranaise.

La dernière étape fut plus protocolaire. A partir du Fer à cheval le cortège, avec à sa tête le wali et le P/APW s’est dirigé vers le Fort de Santa-Cruz ou il fut offert une petite collation aux participants.

Kouider Mettair profitera de l’occasion pour donner quelques explications sur les interventions de Bel horizon au niveau du château. Il rappellera qu’il fut le 1er siège officiel de l’association au début de l’aventure qui dure depuis maintenant 18 ans.

Ce fut aussi l’occasion pour l’association de remettre au wali et au P/APW les célèbres polos orange floqué du sigle et du symbole de l’association. Enfin il y a lieu de souligner que la présence premier magistrat de la ville fut à peine perceptible et juste… symbolique.

  • Par Samir Slama

Sidi El Houari et sa Casbah au menu de la réunion de la commission de l’UNESCO

dans Actualités/Arts & Culture

 

Profitant de la réunion de la commission nationale de l’UNESCO, tenue samedi dernier, Kouider Metayer, président de l’association Bel Horizon et un des principaux signataires de la déclaration citoyenne d’Oran, a saisi l’occasion pour exposer le cas du quartier Sidi El Houari sous la menace des bulldozers depuis quelques semaines.

Dans son exposé devant une assistance représentant plusieurs ministères, dont celui de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la culture, Kouider Metayer n’a pas manqué de rappeler la mobilisation de la société civile oranaise et la lettre ouverte adressée au wali d’Oran et au ministre de la Culture.

Mourad Bouteflika, directeur du Patrimoine et représentant du ministère de la Culture à cette réunion a donné son accord pour l’entame des fouilles archéologiques au niveau de la Casbah. Pour sa part, le représentant du ministère de l’Enseignement Supérieur s’est engagé devant l’assistance à financer un tel projet.

Dans ses développements, l’émissaire des «défenseurs du quartier Sidi El Houari» a souligné que la Casbah, plus vieille que celle d’Alger, est le noyau de la ville, puisque érigée aux débuts au 10 siècle.

De ce fait, elle a vu défiler toutes les dynasties arabo-berbères qui se sont installées à Oran : les Ommeyades, les Fatimides, les Almoravides, les Almohades, les Mérinides et les Zyanides.

Or, de toute cette succession, peu de traces nous sont parvenus, expliquera t-il. Ce qui rend l’entreprise de fouilles archéologiques urgentes et incontournables pour le recouvrement d’un pan important de l’histoire de la ville et de la région, soulignera-t-il.

Signalons que la nécessité d’engager des fouilles figure parmi les revendications contenues dans la lettre adressée au wali d’Oran et au ministre de la Culture.

Par ailleurs, nous apprenons qu’au courant de ce mois, une délégation des signataires de cette missive sera reçue au niveau du ministère de la Culture pour discuter les autres points figurant dans la lettre en question.

Sur un autre plan, le SG de la wilaya d’Oran, sur instruction du wali, a effectué hier une sortie à Sidi El Houari en compagnie d’une délégation d’architectes et signataires de la déclaration. Le SG qui assure actuellement l’interim du wali en son absence a eu droit à d’amples explications sur les enjeux de préservation de ce quartier historique et a constaté de visu l’ampleur des massacres causés par les bulldozers.

Aussi, des contacts sont engagés avec les habitants de Sidi El Houari qui refusent de quitter leurs demeures. Ils doivent saisirent dans les jours à venir les différentes autorités du pays dans l’espoir de sauver ce qui reste à sauver de cet emblématique quartier dont le nom va de pair avec celui de la ville et qui est grandement convoitée par les spéculateurs du foncier urbain.

  • Par Z/S

 

 

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