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Ouyahia en prison : Le ratage monumental d’un homme et de…son destin

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Interrogé sur ses prétentions présidentielles, lui qui s’est un moment donné l’étoffe d’un chef d’Etat, Ouyahia a répondu que la magistrature suprême est «la rencontre d’un homme avec son destin». Celui qui peut prétendre avoir toute sa carrière dans les rouages de l’Etat, du troisième jusqu’au premier cercle de la décision, termine sa trajectoire en prison. C’est vraiment triste, indépendamment du personnage bien entendu. C’est un peu l’illustration de l’échec de la génération post-indépendance.

Ahmed Ouyahia, notamment lors des deux derniers mandats de Bouteflika, a développé un double visage : arrogant, quand il était en face de la presse et des cadres subalternes de l’Administration publique, avec une propension très prononcée de donneur de leçons. Et servile en face de Bouteflika, son frère et son clan.

Parce qu’il n’a jamais gagné totalement la confiance des Boutef, suspicieux par nature, Ouyahia a encaissé des coups sans compter, au point où on s’est interrogé sur ses restes de dignité.

Juste pour simple rappel, l’annulation du fameux PPP (Partenariat Public Privé), qu’il avait initié quelques heures après son annonce. Alors qu’il venait juste d’être rappelé à la rescousse pour le poste de Premier ministre après le dégommage de Tebboune par Saïd Bouteflika.

A voir clair, c’est sa servilité qui peut justifier son sort peu enviable. Enfant du système, il n’a jamais songé à prendre son destin en main et se lancer dans une aventure politique en dehors des sentiers battus.

A l’opposé de Ali Benflis qui s’est détaché de Bouteflika au bout d’un mandat. Ouyahia espérait être adoubé par l’armée, fabrique des chefs d’Etat. Entre temps, il avait perdu le contrôle au sein de son propre parti. Il a été démis une fois de son poste de S.G avant d’être reconduit sur ordre de Boutef. Ce qui a aggravé sa dépendance vis-à-vis d’un mégalo cynique retournant toujours les situations à son avantage personnel.

Selon plusieurs analystes, Ahmed Ouyahia s’est brûlé définitivement l’été 2017 où il fallait remettre le tablier et se consacrer à son avenir politique de présidentiable. Mais enfant du système, dont l’obéissance et la servilité est une seconde nature chez lui, Ouyahia ne pouvait pas franchir le pas. Et son entourage, de la même patte que lui, ne pouvait pas lui conseiller une telle perspective. En manque d’initiative, il s’est confiné dans une position attentiste, espérant que le consensus entre la Présidence et l’ANP portera sur sa personne.

L’homme qui doit disposer de temps dans sa “nouvelle résidence” pour revoir et analyser sa trajectoire, surtout son échec, ne bénéficie à nos yeux d’aucune circonstance atténuante. Pour éviter tout quiproquo.

Cependant, nous répétons qu’il est l’illustration de toute une génération. D’autre part, Ouyahia est poursuivi pour des faits de corruption. Eu égard au massacre de l’économie algérienne, depuis les années 90 du siècle dernier, il doit répondre du crime d’atteinte à la sécurité nationale. Lui qui a détruit des infrastructures économiques, dont certaines étaient performantes, et a ordonné l’incarcération de centaines de cadres, dont certains de très haut niveau de compétence.

Par Ziad Salah

Les oligarques rattrapés par la Justice : Le dramatique héritage de Bouteflika

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L’information de l’interpellation des Kouninef, les plus proches du monarque déchu Saïd Bouteflika, a été reçu comme un séisme juridico-politique. Beaucoup n’ont pas réussi à dissimuler leur soulagement, voire leur satisfaction, de voir des intouchables, il y a à peine quelques semaines traduits devant une autorité pour répondre à des questions. Des «puissants que les ministres et même les officiers supérieurs faisaient des pieds et des mains pour pouvoir les approcher.

Dans le cas des Kouninef et Haddad, il est surhumain de ne pas céder au sentiment de revanche tant ces personnages ont alimenté la chronique de la prédation et passe-droit. Mais au-delà, notamment des personnages qui ne méritent pas qu’on s’y intéresse dans d’autres circonstances, la traduction de «Ces gens là» (de J. Brel) devant la justice, ce qui s’apparente pour eux à l’ultime humiliation, a quelque chose de dramatique.

Elle nous rappelle l’incapacité de notre pays de se doter d’une classe, ou juste une caste, d’entrepreneurs, avides de réussite et armés de motivation et de détermination. Des capitaines d’industrie, même bénéficiant de toutes les largesses de l’Etat, décidés de bâtir une économie performante, courant tous les risques, y compris celui de concurrencer les étrangers, pour s’accaparer des parts du marché intérieur et pourquoi pas régional.

Au contraire, l’ère de Bouteflika, avec toutes les recettes engendrées par l’envolée des prix des hydrocarbures n’a fait qu’encourager les rapaces, les prédateurs et les incompétents. Haddad, a maintenant tout le temps de cogiter sur le développement de son groupe à l’international et notamment son déploiement au niveau du continent africain.

Lui qui a saboté une rencontre du conglomérat  «d’hommes d’affaires» qu’il dirigeait avec des partenaires africains en ridiculisant publiquement l’ex ministre des Affaires Etrangères du pays hôte. Tant sa proximité avec Saïd Bouteflika lui offrait l’impunité et la transgression même des règles protocolaires élémentaires.

Feu Houari Boumediene, au nom du socialisme spécifique, a ouvertement empêché l’émergence d’une classe d’entrepreneurs. Le terme de «bourgeoisie compradore» était souvent galvaudé dans sa bouche. Il a sacrifié une accumulation des premières expériences entrepreneuriat initiées par certains hommes d’affaires au prix de luttes et de sacrifices.

Bouteflika, qui s’est déclaré ouvertement libéral, pour preuve sa participation au Forum de Crans Montana dès son intronisation, exactement au moment ou le mouvement altermondialiste manifesta sa naissance, a encouragé l’émergence de l’incompétence au détriment de la probité morale et la volonté d’aller de l’avant. Son ego, lui qui «incarnait l’Algérie» (selon une de ses célèbres déclarations) ne lui permettait d’admettre l’existence d’hommes ou de femmes audacieux engagés dans des aventures d’innovation.

Les Algériens se rappellent encore de la réflexion adressée à une jeune dame qui s’est lancé dans l’industrie du chocolat lors d’une inauguration de la Foire internationale d’Alger. Au lieu de l’encourager, il l’a presque accusé de vouloir «concurrencer les Suisses».

Bouteflika, pour des objectifs clairs dans sa tête oserions nous dire, a opté pour la médiocrité. C’est lui l’initiateur et le fondateur de la médiocratie qui ne pouvait exceller que dans la prédation. Au mieux, elle a acquis des biens immobiliers à l’étranger pour assouvir ses frustrations ataviques.

En fait, les Kouninef, Haddad et consorts sont aussi les victimes d’un monarque sans gloire et sans épaisseur. Au même titre que les centaines de jeunes qui ont péri en pleine mer…..dans leur tentative d’atteindre des horizons plus cléments.

Par Ziad Salah.

Abdelaziz Rahabi à Oran: Des présidentielles à court terme se traduiront par une instabilité politique et institutionnelle permanente

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Invité par le Conseil de l’Ordre des Médecins d’Oran, Abdelaziz Rahabi, ex ministre de la Communication, a avancé quelques pistes sur une sortie de crise, situation qui prévaut en Algérie. Cet ex diplomate propose la tenue des élections législatives dans les mois qui viennent, pour permettre aux millions de personnes qui ont investi la rue ces dernières semaines d’exprimer leur choix et peut être même de s’intégrer dans un processus politique.

A. Rahabi qui a reconnu qu’il n’a pas une feuille de route élaborée, pour preuve il a prêté attention aux interventions de l’assistance, met en garde contre la tenue des élections présidentielles dans les trois mois à venir. «C’est la garantie d’une instabilité permanente» tonnera-t-il.

Il remarquera que «tous les chefs de partis sont favorables à la tenue de ces élections dans un court délai» Et d’expliquer que «la notion de transition démocratique n’existe pas chez nombreux d’entre eux».

En dehors de cette déclaration, l’intervention de l’hôte des médecins a été une série de constats. Ce qui ressort de ses propos, et surtout des quelques chiffres qu’il a avancé, c’est que l’homme a toujours l’œil bien braqué sur ce qui se passe dans son pays.

Pour rappel, il a été débarqué du gouvernement lors du premier mandat du président Bouteflika, c’est-à-dire il y a plus de quinze ans. Tout en refusant le vocable de “Hirak“, il signalera que les manifestations des dernières ont soigné et rétabli l’image de l’Algérie au niveau de l’étranger.

La décennie noire a considérablement altérée cette image, souligne-t-il. Mais la corruption qui s’est socialisée durant le règne de Bouteflika a d’avantage détérioré l’aura du pays, estimera-t-il.

En ce sens, il remarquera en tant qu’ancien diplomate, que la longue absence de Bouteflika de la scène internationale, cloué par sa maladie, a été très coûteuse pour l’Algérie. «Nous ne participons plus à la prise des décisions au niveau des rencontres internationales» affirme-t-il. Et pour cause, les représentants des chefs d’Etat n’assistent pas aux réunions regroupant les rois et chefs de l’Etat, expliquera-t-il.

Concernant «Hirak» qu’il qualifiera de «véritable sursaut populaire», Rahabi dira que «si les jeunes ratent ce rendez vous avec l’histoire, ils rateront le rendez vous la démocratie et ils rateront le rendez vous avec la prospérité économique». Ils considèrent «la jeunesse algérienne plus mondialisé» que «le système politique archaïque» mis en place avec l’avènement de l’Indépendance nationale.

Rahabi a-t-il convaincu ou non son auditoire ? Difficile à dire.  L’écrivain et chercheur Said Hadef, auteur de «La crise du Golfe» publié récemment et qui nous a promis un entretien dans les prochains jours, estime que l’ex diplomate raisonne et réfléchit avec des catégories du passé. Au moins, l’hôte d’Oran a suscité et animé un débat sur certains sujets…… 

Rahabi et les médias : L’Algérie jute devant la…Somalie.

Dans son intervention aujourd’hui à Oran, Abdelaziz Rahabi, ex-ministre de la Communication a rappelé quelques vérités concernant le secteur des médias en Algérie. Il soulignera que le système politique algérien, archaïque, a toujours fait preuve de crainte et de frilosité à l’endroit de tout nouveau pouvoir émergent.

La presse indépendante, considérée partout comme le quatrième pouvoir, n’a jamais bénéficié d’un regard favorable dès sa naissance au lendemain d’Octobre 1988, ajoutera-t-il.

Abondant dans ce sens, il dira qu’en termes de ratio entre nombre de chaînes de télévisions par rapport au nombre de citoyens, l’Algérie occupe l’avant dernière place juste devant la Somalie. Et de s’interroger sur le sens l’indépendance et la souveraineté dont se gargarisent nos responsables.

Il tonnera que nous sommes «dépendants» sur le chapitre de la consommation de l’information. Une dépendance pire que notre dépendance alimentaire où celle concernant le médicament. On comprend parfaitement pourquoi des chaînes comme Echourouk et auparavant Ennahar tentent, et des fois réussissent, à manipuler l’opinion publique. 

Par Ziad Salah.

Takhmaret…chez la famille d’Amir Dz.

dans Actualités/Reportage

Un épicier a consenti à nous indiquer le chemin menant à la maison de la famille Boukhors. Les passants à qui nous nous sommes adressés, réalisant que nous sommes étrangers au village, et craignant probablement l’apparence de Sidi Ahmed avec ses lunettes noires ont refusé de répondre à notre demande. Parce que le nom renvoie à “Amir Dz”, devenu ennemi public pour le pouvoir en place.

Notre journaliste-reporter Salah Ziad devant la demeure modeste des Boukhourss.

Arrivés sur les lieux, accompagnés par Adlène Mellah, propriétaire du journal électronique Algérie Direct, présent sur les lieux aux premières heures de la matinée de lundi dernier, nous découvrons l’habitat de la famille. Il est à l’extérieur du village, au bout d’une piste à peine carrossable.

Ce sont trois habitations alignées, qui abritent chacune une famille. Celle du père d’Amir remonte probablement à l’époque coloniale et ne dispose même pas d’une porte correcte. Un tapis en  charmoute» (en tissu récupéré) serve de voile pour assurer l’intimité du foyer.

Dans les deux autres, habitent les aînés avec leur progéniture. Prenant une photo de la maison familiale, Sidi Ahmed ironisa «le palais du père d’Amir Dz». Parce que le père et son enfant Houari, ont été inquiétés par la Gendarmerie pour «chantage et extorsion de fonds». Alors qu’ici, tout hurle le dénuement.

Le quartier est resté en dehors du processus de développement que devait générer la consommation de 1000 milliards de dollars durant vingt ans de règne de Bouteflika.

Une fois sur place, nos hôtes, comprenant le sens de notre visite, nous introduisent dans une salle d’une des trois demeures. La salle, des invités à coup sûr, est meublé sommairement. Des tapis en synthétique et des matelas à même le sol. Un réchaud à gaz est installé au milieu pour chauffer le lieu.

Houari Boukhourss, le frère de Amir.Dz.

Sans même nous demander notre avis, les tables basses trônant au milieu de la salle, ont été garnies par des plateaux. Le thé, le café et des gâteaux ont été servis aux convives qui cherchaient à briser les glaces entre eux. Adlène, très volubile, pour détendre l’atmosphère, nous parla du début du séjour de Houari à la prison d’El Harrach.

Sous le choc et surtout ne comprenant pas ce qui lui est arrivé pour se retrouver dans un milieu carcéral, Houari refusait tout ce que lui proposait son codétenu. Y compris la nourriture. Mais l’enfant de Takhmart finira par se dégeler et rentrera dans le bain ambiant, nous expliqua Adlène.

Par respect des usages, nous avons quitté la salle pour fumer et prendre des photos. Mais aussi pour laisser le champ libre aux visiteurs qui se succédaient par petits groupes. Houari, visiblement confiné sa vie durant dans sort de Guellil (humble) devient la coqueluche de son douar. A part son sourire, il est resté très peu disert. Peut être il ne réalisait pas le triomphe avec lequel il a été accueilli à la sortie de prison où les gens se battaient pour le porter sur leur dos.

Nous réussirons à lui arracher quelques «confessions». Sa relation avec son frère installé en France et dont le nom est scandé dans tous les stades d’Algérie, se limite à des échanges se rapportant aux informations sur la famille. Notamment sur la santé du père dont l’état est chancelant. «Pour vous dire, depuis ma sortie de prison, on s’est pas parlé au téléphone» nous dira-t-il.

Tout indique qu’il n’est pas politisé. Mais les conditions de son transfert de Frenda à Bab Djdid à Alger, dans un fourgon de la Gendarmerie Nationale, menotté, sont toujours vivaces dans son esprit. Lui qui n’a jamais eu de démêlés avec la Justice.

A la tombée de la nuit, les voisins, les proches et les connaissances se sont donnés rendez vous devant la maison des Boukhorss, départie de son anonymat. Certains se sont adossés au mur, pendant que d’autres ont décliné l’invitation de rester dîner. Certains ont récupéré soit une mère soit une épouse et ont opté pour le retour chez eux.

Pour notre part, nos hôtes ont refusé catégoriquement de nous libérer. Les proches parents s’affairent à droite et à gauche. Aux environs de 19h, nous nous retrouvons dans une ambiance digne d’un mariage. La grande salle des hôtes était bandée de monde. Une fois les gens bien installés, les petites tables basses, chargées de couscous, de chorba et de salade commençaient à tomber du ciel. La célérité avec laquelle le service a été accompli laisse supposer que la demeure a l’habitude de recevoir du monde.

En clair, nous étions dans l’Algérie profonde pour qui la générosité n’est pas un simple slogan vide de contenu. Quelques temps avant la pose du repas, le frère aîné de Houari racontait une anecdote. Quand il a été surpris par un colonel de l’armée française, en compagnie de militants de la cause nationale, entrain de confectionner à la va-vite des drapeaux pour célébrer la proclamation de l’Indépendance nationale. «J’ai rien vu» dira l’officier de l’armée coloniale, rapporte le frère aîné. «Je n’ai pas envie de rentrer dans un cercueil» ajouta-t-il, selon le narrateur.

Le repas s’est terminé par une imploration. On pria Dieu de protéger les Boukhorss sans oublier la mère patrie. Le sentiment d’un danger guettant le pays était diffus au sein de cette assemblée. Nous décidâmes de nous retirer, avec un burnous en cadeau, offert par un des frères d’Houari. Un autre signe de générosité de cette famille projetée au devant de la scène à son insu.

Houari, qui a découvert les affres de l’incarcération, a été réhabilité, lui et toute sa famille. Et de quelle manière. Une manière subtile et humaine de récuser la perquisition musclée par les éléments de la Gendarmerie Nationale des trois demeures où les Boukhorss coulent leur vie tranquille.

  • Par ZIAD Salah

 

 

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