Tag archive

Algérie

L’anonyme des marches de la Révolution du sourire.

dans Actualités

Peu importe son nom, son âge, son accoutrement….Elle est dans sa bulle, sommes nous tenté de dire. Arborant calmement sa pancarte, elle marche dans la rue sans soucier des carrés de manifestants qui la devancent et ceux qu’elle précède. Parce qu’elle est en avance d’un siècle ou un millénaire par rapport à des centaines, voire des milliers, de marcheurs qui ont investi la rue pareillement à elle. Elle a un message à transmettre, elle l’exhibe à celle ou celui qui daignerais s’y intéressé.

Crédit photo Jamila Loukil

Par respect à l’autre, elle ne cherche aucunement à imposer ce qu’elle pense. Parce qu’elle a une haute idée d’elle-même et à juste titre. Elle est citoyenne au sens fort du terme et elle se déploie sur un espace public encore en gestation. Donc, elle a transcendé son ego en avantageant son esprit et sa raison.

Son refus de se fondre dans la foule ne dénote pas d’une attitude dédaigneuse à l’égard des milliers de personnes qui sacrifient le confort de la sieste du vendredi pour clamer leur ferme volonté de changer un système qui a bridé autant l’individu que le groupe. Elle est totalement avec celles et ceux qui l’entourent. Elle partage avec eux leur revendication d’une Algérie où l’individu, donc le citoyen, peut jouir de ce droit inaliénable d’exprimer son point de vue, sans pour autant heurter les sentiments ou les croyances des autres.

Consciente de l’opportunité qu’offre cette Révolution du sourire, qui mérite bien son nom, elle en profite pleinement. Et c’est par le sourire qu’elle réplique aux curieux, notamment les photographes, qui s’intéressent à sa pancarte. Une manière de signifier sa conviction et son assurance. Mais aussi, une invitation au dialogue et à l’échange d’idées. Elle est abordable.

Crédit photo Jamila Loukil

Son message ? En dehors de celui transcrit sur sa banderole, qu’elle a confectionné avec soin et qui coïncide avec les autres que la Révolution du sourire a permis l’éclosion, il faut décrypter celui contenu dans sa démarche. En choisissant de se mouvoir seule sur la chaussée, elle veut signifier à ceux qui l’entourent que l’espace public qui reste à construire doit servir de creuset à la circulation des idées et des idéaux. Et non pas exclusivement un cours pour bolides, acquises avec de l’argent sale, conduites par les enfants de la nomenklatura pour qui la culture se limite au paraître.

Elle veut nous signaler que l’espace public que nous devons construire s’annonce suffisamment large pour laisser place aussi bien à l’individu qu’au collectif. Et non pas un passage monopolisé par les machos et les délinquants. Elle veut nous signifier que s’accepter et accepter l’autre est une des promesses de la Révolution du sourire dont nous vivons les premiers moments.

Elle est en avance par rapport à celles et ceux qui la devancent ou la précédent parce qu’elle ne prête aucun intérêt à leurs querelles de leadership. Elle est au dessus des appartenances, surtout à des chapelles suintant le vieillot et le suranné. La course au pouvoir ne l’inspire pas. Son pouvoir à elle c’est d’être elle-même, entière, convaincue, décidée à afficher ce qu’elle pense et non ce qu’elle cogite et dissimule. Elle est citoyenne et ce n’est pas à la portée du premier venu de l’être.

Par Ziad Salah.

La 3ème édition se tient à Oran: “Africa is calling you” ou le retour de la diaspora.

dans Actualités/Génération "jeunes"/Vie associative

Il ne se passe pas un jour sans que les médias locaux et étrangers nous montrent des images de ces harragas algériens et africains qui bravent la haute mer au péril de leur vie pour rejoindre les côtes espagnoles ou italiennes à la recherche d’un hypothétique avenir en Europe. Ce phénomène inquiétant vide l’Afrique d’une partie de sa force vive (il ne représente néanmoins que 10 % des mouvements migratoires en Afrique, la grande partie concerne des déplacements de populations entre pays africains frontaliers), en même temps qu’il sert «d’argument» à des gouvernements européens pour justifier des politiques de dumping social et de restrictions des libertés individuelles, qui, en vérité, sont impulsées par Bruxelles sous l’influence de différents lobbys de l’argent.

Peu connu, voire ignoré par les médias mainstream, un phénomène inverse a vu le jour depuis quelques années : c’est celui de la re-émigration, ou de la tentative de retours aux pays d’origines d’une partie de la diaspora africaine établie à l’étranger, notamment en Europe. Une diaspora qui a acquis du savoir et du savoir-faire et qui souhaite les mettre au service du développement de ce riche continent qui se retrouve aujourd’hui au centre d’enjeux économiques et géopolitiques impliquant de grandes puissances mondiales.

Inscrite dans cette démarche, l’association Weldiz a lancé le programme Africa Is Calling You (AICY), qui accompagne des porteurs de projets locaux et de la diaspora. Après Paris et Dakar, c’est Oran qui abrite en cette année 2018, la troisième édition d’AICY. Soutenus par acteurs de la vie associative et économiques oranaise, à l’instar de Fayçal Rezkallah, les organisateurs de cet événement, Sarah Belkacem et Driss Taarabit, nous  en disent un peu plus sur cette initiative

         JDO : Pouvez-vous nous présenter Africa is Calling you et les tenants et aboutissants de cette action en direction de la diaspora?

  • Sarah Belkacem :  

 AfricaIsCallingYou (AICY), c’est un programme de rencontres économiques et culturelles et un programme d’accompagnement de Startup . Par ces deux volets nous pouvons d’un côté, identifier et mobiliser la diaspora qui souhaite s’investir ou investir en Algérie. Et d’un autre côté les intégrer à un programme d’accompagnement. Par ce programme, nous cherchons notamment à les faire entrer dans des réseaux efficaces, les mettre en relation avec des interlocuteurs et des partenaires activant dans différents domaines et avec des porteurs de projets algériens afin de créer des synergies.

Nous avons aussi pour ambition, par le biais de la diaspora, de créer un réseau africain puissant à même de faire face aux besoins et enjeux économiques et sociaux du continent tout entier.

  • Driss Taarabit : 

AICY est d’une part un programme d’accompagnement et de formation des porteurs de projets à fort impact social, environnemental et culturel.

D’autre part, c’est une semaine événements culturels (musique, littérature, mode) pour mettre en lumière les projets et créer des synergies lors de ces rencontres.

Il vise à apporter une réponse adaptée et innovante aux enjeux du continent africain et plus spécifiquement en Algérie.  Pour ce faire il faut mobiliser globalement,des ressources humaines et économique, au niveau local et international (Diaspora) au service de l’emploi et entrepreneuriat.

Développé par Weldiz, une start-up algérienne à but non lucratif, AICY vise par ce programme d’un an, la réalisation de projets en Algérie.

Nos objectifs sont :

-Mobiliser et promouvoir les diasporas africaines qui investissent en Afrique;

-Conseiller à la création d’entreprises innovantes à impact social positif;

-Dynamiser les relations entre les compétences des diasporas africaines et leurs pays d’origine grâce au développement d’une plateforme (Africa Is CallingYou);

– Encourager les échanges économiques et culturels entre les pays africains, notamment via les diasporas.

         JDO : Pourquoi avoir choisi la ville d’Oran comme point de chute pour cette  troisième édition, alors que le plus souvent, c’est Alger qui abrite ce genre d’événements ?

  • Sarah Belkacem :

J’ai spontanément envie de dire que c’est justement parce qu’il existe un trop gros déséquilibre entre ce qui se passe à Alger et ce qui se passe dans le reste du pays. Mais surtout, nous avons décidé d’implanter la structure Weldiz (welcoming diasporas dz) à Oran. Car c’est une ville dynamique, en plein essor et recèle énormément d’opportunités de business. Elle représente un grand potentiel pouvant faire d’elle un pôle économique important. Etant moi-même originaire de la région de l’Oranie, j’avais aussi envie de participer à son développement et pouvoir y apporter de la valeur.

  • Driss Taarabit :

Avant tout par feeling, étant né en France de père algérien, et de mère espagnole, Oran a toujours eu une résonance particulière chez moi par sa culture et son histoire.

En second point, la décentralisation ouvre de nouvelles perspectives et opportunités : pourquoi tous se concentrer au même endroit, la capitale, alors que le pays est si vaste ? Si nous faisons déjà du lien entre la Diaspora et l’Algérie, nous en ferons aussi dans notre pays.

       JDO : Quel est votre constat sur la situation de entrepreneuriat à Oran et de l’innovation économique, sociale et culturelle de manière générale dans cette ville ?

  •  Sarah Belkacem :

Nous avons trouvé à Oran une multitude d’initiatives sociales et culturelles intéressantes et dynamiques, un tissu associatif très actif, ainsi que de nombreux porteurs de projets innovants,particulièrement en ce qui concerne l’entrepreneuriat à impact positif.

Mais nous avons constaté un manque cruel de liens, de synergies et de structures ou d’accompagnement pouvant leur permettre une véritable ambition et impulsion. Et même si des structures ou dispositifs existent, il subsiste apparemment des lacunes dans l’accessibilité. Nous voulons surtout accompagner des projets innovants à impact social, culturel et/ou environnemental, c’est pour cela que nous avons eu envie de nous installer à Oran et participer à ce mouvement.

  • Driss Taarabit :

Oran est un bouillon d’idées et d’initiatives avec ses freins et ses leviers, un écosystème complexe et passionnant. L’envie de développement et d’ouverture y sont palpables.

Les rendez-vous culturels nombreux, un tissu entrepreneurial et associatif dense et l’appel vers la Méditerranée impulsé par les Jeux de 2022, sont d’autant d’opportunités de transformer Oran en grande capitale méditerranéenne.

           JDO : Un mot pour conclure ?

  • Sarah Belkacem :

Nous souhaitons accompagner un mouvement innovant en ouvrant de nouvelles passerelles et de nouvelles perspectives. Avec la création de Weldiz nous fixons cet esprit dans la durée. Nous souhaitons créer des synergies et valoriser les initiatives à impact social positif de la société civile.

  • Driss Taarabit :

Même si la route est longue et semée d’embûches, je pense que c’est le moment d’entreprendre dans notre pays et d’entreprendre socialement.

Concrètement, pour nous la viabilité économique n’est pas une fin en soi mais un moyen d’œuvrer pour faire de l’Algérie et plus globalement de l’Afrique un territoire d’innovations et d’espoir.

Interview réalisée par Fayçal Anseur.

 

La gestion des Sawaris encore une fois décriée : Un autre scandale de fuite de capitaux éclabousse la «Sorfert»

dans Actualités
Chez les «Sawaris», les pratiques frauduleuses semblent avoir la peau dure. Et pour cause, l’administration des douanes, vient de prendre en défaut la société «SORFERT» de transfert illégaux de capitaux, sous couvert d’importation de matériel «usagé» pour les besoins de son usine d’Arzew.
L’expertise diligentée a vite conclu que matériel chargé dans deux containers et des caisses, n’était que de la camelote et non conforme à la déclaration d’importation. L’opération n’était, en fait, qu’un subterfuge pour transférer des devises à l’étranger. Un “sport” dont s’est spécialisé le groupe depuis son existence en Algérie.
Le service du contentieux a saisit le matériel et appliqué une amende de 7.2 milliards de Cts à l’encontre de la société «Sorfert».
Pour infraction à l’ordonnance 96-22 sur le change et transfert illicite d’argent, une plainte a également été déposé par la douane, qui vient s’ajouter à d’autres affaires et scandales judiciaires qui viennent éclaboussés l’image de l’entreprise mixte algéro- égyptienne et toutes ayant trait à des transferts illégaux d’argent.
Selon nos sources, le matériel serait des appareils spécialisées dans la soudure pour réparer des unités qui seraient en panne dans l’usine d’Arzew ; qui avait connu au début de l’année un arrêt forcé à cause d’un litige avec le transporteur d’urée et ammoniac.
  • Par B.D.J 

Ces idoles que nos jeunes imaginent : Changement de valeurs, changement de modèles.

dans Actualités/Génération "jeunes"/Société
  • Par H. I. M.

Le modèle à suivre, ou l’idole, pour les jeunes algériens, est en train de basculer. Cette translation de l’image idéale à prendre comme référence dans la vie marque un manquement ou un changement dans le système des valeurs sociales principalement. Le point.

jeunes algériens.jpg1

Le système des valeurs

Connues et définies pour être «l’ensemble des critères qui permettent de distinguer ce qui est bon de ce qui est mauvais», les valeurs humaines sont classées selon une échelle. Ainsi, nous parlons souvent de l’échelle des valeurs et cela suppose qu’une hiérarchisation existe selon notre personnalité, notre culture et notre système social et environnement naturel. Bien sûr, l’échelle des valeurs individuelles s’inscrit entièrement ou partiellement dans un système de valeurs sociales, lesquelles influencent nos comportements et nos attitudes ; chaque valeur admet une contre-valeur.

En Algérie, même si les études et les recherches demeurent très (ou trop) limitées dans le domaine des systèmes de valeurs (deux universités ont initié quelques études: celles de Bejaia et de Constantine), nous nous référons aux différentes vertus et divers principes qui ont régi les périodes et les décennies.

Les valeurs sont évolutives

Alger-1963-meeting-de-soutien-aux-décrets-de-mars

 

La décennie qui a précédé l’indépendance, incluant les années de la guerre de libération, le mot d’ordre, socialement parlant, n’avait d’autre valeur que celle liée à la liberté et à la lutte. Socialement, des valeurs dites traditionnelles ont subsisté comme ligne de conduite de la société algérienne. On en cite des valeurs comme la patience, la foi et le destin.

Durant les années 1960, et une grande partie de la décennie suivante (1970), d’autres valeurs sont apparues avec des principes et idéaux comme le socialisme et la solidarité.

Au début des années 1980, l’autonomie et le désir ont marqué notre système de valeurs, pour laisser place, ensuite, durant les années 1990, à un système hybride marqué par la disparité des valeurs. On peut parler de la religion, de l’argent et du respect en même temps et chez la même personne. Notre société qui souffrait d’une clarté dans la vision et d’une unification de discours, ne pouvait pas offrir une échelle de référence en matière de valeurs.

C’est avec le début du 3ème millénaire, que l’évolution des valeurs a pris une tournure basée sur tout ce qui est extérieur comme l’argent et le désir, et physique comme la santé et l’esthétique, mais aussi la science.

Valeurs et Modèles

benbadis

 

 

Logiquement et presque automatiquement, et dans l’imaginaire populaire, tout système et toute échelle de valeurs, créent des modèles. Pour illustrer cela, nous citons l’adolescent qui, autour de lui, s’appuie sur des modèles qu’il associe inconsciemment, à un système de valeurs qu’il crée dans son subconscient. Le père, la mère, le grand-père, l’oncle et la grande sœur, constituent ces idoles et modèles à suivre, à imiter le cas échéant, car ils et elles représentent des valeurs comme l’amour, le travail, la rigueur ou la piété.

Parallèlement donc aux décennies des valeurs, des modèles, représentés par des hommes et des  femmes, sont créés. A l’Emir Abdelkader, l’Emir Khaled, Messali Hadj et Ben Badis, des héros de la révolution comme Larbi Ben M’hidi et Mourad Didouche, ont constitué des modèles «fiables et crédibles» aux jeunes des années 1960.

gandhi

Aux noms algériens, des progressistes et révolutionnaires connus dans le monde, ont fait partie des idoles durant les années 1970. Nous en citons Lénine, Lumumba, Gandhi et le Ché.

La décennie 1980, a eu son lot de noms d’idoles, chez une jeunesse algérienne, à la recherche de ses repères après la grande désillusion des trois révolutions. Dans la «short list» on va remarquer l’apparition, presque choquante et inattendue, de Boumediène aux côtés de Djamel Eddine Al Afghani. Aussi contradictoire que variée, la liste des idoles, durant les années 1990, va s’éparpiller en incluant des noms de plusieurs domaines et secteurs.

A Hassan Al Banna, on pouvait associer facilement, Hasni et Belloumi.

Les scientifiques feront leur entrée aussi impressionnante qu’intéressante des le début des années 2000 avec des noms comme Einstein et Marie Curie. On retrouve ces mêmes noms avec Bill Gates et M. Jackson, partageant le haut du classement avec d’autres, moins connus et dont la participation à l’édifice humanitaire n’a rien de glorieux, comme Messi, Ronaldo et…Belaili.

Aux valeurs extérieures, des modèles éphémères

?
?

On ne peut pas ignorer le lien fort entre la valeur, son importance et le modèle choisi ou sélectionné. Selon cette même règle, à une valeur extérieure comme l’argent, ou physique comme l’esthétique, on ne peut associer que des modèles à moindre importance, le plus souvent éphémère et sans valeur ajoutée socialement ou culturellement.

Le phénomène actuel inscrit dans son registre Belaili et Mohamed Benchennet comme modèles réels pour nos jeunes. Ce même phénomène est généralement qualifié de «perte de repères», le plus souvent.

A ce pôle, s’oppose un autre qui s’appuie sur des modèles comme Omar Ben Al Khattab et Abou Baker Esseddiq. Il est donc clair, de retrouver le religieux et le spirituel pour contrer l’extérieur et le physique, dans une échelle de valeurs qui serait à redéfinir à partir d’un ensemble de besoins et/ou contre-valeurs.

Des modèles construits

Historiquement, il est connu que les valeurs humaines, extérieures et physiques, se sont confondues aux valeurs commerciales, appelées aussi de marketing. Ce concept est plus connu depuis l’avènement des modèles de showbiz, de football et de l chanson, par exemple. Ceci est également connu pour l’échantillon MARADONA et le montage en toutes pièces, d’un modèle à trois ingrédients: Un don naturel, des scandales immoraux et de la médiatisation. L’argent coulera à flot, certainement.

1 2 3 7
Allez en Haut