Abdelaziz Rahabi à Oran: Des présidentielles à court terme se traduiront par une instabilité politique et institutionnelle permanente

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Invité par le Conseil de l’Ordre des Médecins d’Oran, Abdelaziz Rahabi, ex ministre de la Communication, a avancé quelques pistes sur une sortie de crise, situation qui prévaut en Algérie. Cet ex diplomate propose la tenue des élections législatives dans les mois qui viennent, pour permettre aux millions de personnes qui ont investi la rue ces dernières semaines d’exprimer leur choix et peut être même de s’intégrer dans un processus politique.

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A. Rahabi qui a reconnu qu’il n’a pas une feuille de route élaborée, pour preuve il a prêté attention aux interventions de l’assistance, met en garde contre la tenue des élections présidentielles dans les trois mois à venir. «C’est la garantie d’une instabilité permanente» tonnera-t-il.

Il remarquera que «tous les chefs de partis sont favorables à la tenue de ces élections dans un court délai» Et d’expliquer que «la notion de transition démocratique n’existe pas chez nombreux d’entre eux».

En dehors de cette déclaration, l’intervention de l’hôte des médecins a été une série de constats. Ce qui ressort de ses propos, et surtout des quelques chiffres qu’il a avancé, c’est que l’homme a toujours l’œil bien braqué sur ce qui se passe dans son pays.

Pour rappel, il a été débarqué du gouvernement lors du premier mandat du président Bouteflika, c’est-à-dire il y a plus de quinze ans. Tout en refusant le vocable de “Hirak“, il signalera que les manifestations des dernières ont soigné et rétabli l’image de l’Algérie au niveau de l’étranger.

La décennie noire a considérablement altérée cette image, souligne-t-il. Mais la corruption qui s’est socialisée durant le règne de Bouteflika a d’avantage détérioré l’aura du pays, estimera-t-il.

En ce sens, il remarquera en tant qu’ancien diplomate, que la longue absence de Bouteflika de la scène internationale, cloué par sa maladie, a été très coûteuse pour l’Algérie. «Nous ne participons plus à la prise des décisions au niveau des rencontres internationales» affirme-t-il. Et pour cause, les représentants des chefs d’Etat n’assistent pas aux réunions regroupant les rois et chefs de l’Etat, expliquera-t-il.

Concernant «Hirak» qu’il qualifiera de «véritable sursaut populaire», Rahabi dira que «si les jeunes ratent ce rendez vous avec l’histoire, ils rateront le rendez vous la démocratie et ils rateront le rendez vous avec la prospérité économique». Ils considèrent «la jeunesse algérienne plus mondialisé» que «le système politique archaïque» mis en place avec l’avènement de l’Indépendance nationale.

Rahabi a-t-il convaincu ou non son auditoire ? Difficile à dire.  L’écrivain et chercheur Said Hadef, auteur de «La crise du Golfe» publié récemment et qui nous a promis un entretien dans les prochains jours, estime que l’ex diplomate raisonne et réfléchit avec des catégories du passé. Au moins, l’hôte d’Oran a suscité et animé un débat sur certains sujets…… 

Rahabi et les médias : L’Algérie jute devant la…Somalie.

Dans son intervention aujourd’hui à Oran, Abdelaziz Rahabi, ex-ministre de la Communication a rappelé quelques vérités concernant le secteur des médias en Algérie. Il soulignera que le système politique algérien, archaïque, a toujours fait preuve de crainte et de frilosité à l’endroit de tout nouveau pouvoir émergent.

La presse indépendante, considérée partout comme le quatrième pouvoir, n’a jamais bénéficié d’un regard favorable dès sa naissance au lendemain d’Octobre 1988, ajoutera-t-il.

Abondant dans ce sens, il dira qu’en termes de ratio entre nombre de chaînes de télévisions par rapport au nombre de citoyens, l’Algérie occupe l’avant dernière place juste devant la Somalie. Et de s’interroger sur le sens l’indépendance et la souveraineté dont se gargarisent nos responsables.

Il tonnera que nous sommes «dépendants» sur le chapitre de la consommation de l’information. Une dépendance pire que notre dépendance alimentaire où celle concernant le médicament. On comprend parfaitement pourquoi des chaînes comme Echourouk et auparavant Ennahar tentent, et des fois réussissent, à manipuler l’opinion publique. 

Par Ziad Salah.